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Dimanche matin, parcours de golf. Votre fils de 15 ans tend la main vers le volant de la golfette. Le marshal du club l’arrête net : « Interdit, il faut le permis. » Pourtant, chez votre voisin agriculteur, le même ado conduit la voiturette électrique dans la propriété sans que personne ne bronche. Alors, qui a raison ? Les deux. Et c’est justement ce qui crée la confusion.

La réponse tient en une phrase : tout dépend d’où vous roulez. La voie publique et le terrain privé obéissent à des règles totalement différentes — et les ignorer peut vous coûter jusqu’à 15 000 € d’amende. On décortique tout ça ensemble, textes de loi à l’appui.

Voie publique ou terrain privé : deux mondes, deux réglementations

C’est la distinction que tout le monde rate. Sur une route ouverte à la circulation, c’est le Code de la route qui s’applique, avec des conditions strictes d’âge, de permis et d’immatriculation. Sur un terrain fermé — golf, camping, ferme, parc résidentiel — c’est le règlement intérieur du lieu qui prime, couplé à l’obligation d’assurance. Voici un résumé visuel avant d’entrer dans le détail :

Critère Voie publique Terrain privé fermé
Permis obligatoire ? Oui (AM, B1 ou B) Non légalement — mais souvent exigé par le club
Âge minimum 14 ans (L6e) / 16 ans (L7e) Fixé par le propriétaire ou le club
Carte grise Obligatoire Non requise
Assurance Obligatoire Obligatoire aussi

Sur la voie publique : quel permis pour quelle voiturette ?

Première chose à comprendre : la voiturette de golf que vous voyez sur un parcours n’est pas homologuée route. Elle n’a ni carte grise, ni phares, ni clignotants. La confondre avec une « voiture sans permis » est l’erreur la plus fréquente — et la plus dangereuse juridiquement. Seuls les véhicules appartenant à deux catégories légales, définies par l’article R311-1 du Code de la route, ont le droit de circuler sur la voie publique.

Quadricycle léger (catégorie L6e) — dès 14 ans

C’est le véhicule qu’on appelle communément « voiture sans permis » : bridé à 45 km/h, petit gabarit, souvent électrique ou diesel. Comme le détaille la documentation technique de référence sur les voiturettes, ces véhicules répondent à des normes d’homologation précises. Concrètement, pour en prendre le volant sur route :

  • Âge : 14 ans minimum.
  • Permis : le permis AM (ex-BSR) est obligatoire pour toute personne née après le 1ᵉʳ janvier 1988. Si vous êtes né avant cette date, aucun permis n’est exigé.
  • Formation : 8 heures en auto-école, sans examen de code ni épreuve de conduite sur route. Le programme complet est détaillé par le réseau CER.
  • Carte grise + assurance : obligatoires, comme pour tout véhicule motorisé.

C’est d’ailleurs ce qui permet à certains adolescents — ou à des personnes dont le permis B a été retiré — de continuer à se déplacer de manière autonome. Un cas de figure bien plus courant qu’on ne le pense. Attention toutefois : si le juge a prononcé une interdiction de conduire tout véhicule à moteur (et pas seulement une annulation du permis B), la voiturette L6e est également interdite. Vérifiez toujours le libellé exact de votre décision judiciaire. Pour retrouver l’ensemble des catégories du permis de conduire, le site de l’ANTS propose un récapitulatif officiel.

Quadricycle lourd (catégorie L7e) — dès 16 ans

Plus puissant, le quadricycle lourd peut atteindre jusqu’à 90 km/h. On y trouve certains utilitaires compacts et véhicules tout-terrain homologués. L’historique législatif de l’article R311-1 montre que cette distinction avec le quadricycle léger existe depuis plus de vingt ans. Les exigences montent logiquement d’un cran :

Si vous avez déjà le permis auto, inutile de repasser quoi que ce soit : vous êtes couvert pour les L7e. Comme le confirme la fiche Service-Public.fr dédiée au permis B1 (également disponible en anglais), le permis B couvre l’intégralité des quadricycles lourds.

💡 En clair : « voiturette » ≠ « voiturette ». Celle du golf est un engin de loisir sans homologation route. Celle qu’on croise en ville — la « voiture sans permis » — est un quadricycle léger L6e immatriculé, soumis au Code de la route. Le terme identique crée la confusion, mais juridiquement ce sont deux véhicules radicalement différents. Alliance Auto détaille bien cette distinction dans son dossier complet.

Sur un terrain de golf : c’est le club qui décide

Dès que vous franchissez le portail d’un terrain privé fermé à la circulation, le Code de la route s’efface. Mais ça ne veut pas dire que c’est le far west. Sur un parcours de golf, le règlement intérieur du club fait office de loi — et dans l’immense majorité des cas, il est plus strict que ce qu’on imagine.

Pourquoi ? Parce que l’assureur du club l’exige. Imaginez : un enfant de 13 ans emprunte une voiturette, prend un virage trop vite près du clubhouse et renverse un joueur. Blessure grave. L’assurance vérifie ses conditions : mineur non autorisé au volant. Refus de prise en charge. Le club — et potentiellement les parents — se retrouvent à payer des dizaines de milliers d’euros de frais médicaux de leur poche. Ce n’est pas un scénario théorique : c’est exactement pour cette raison que les clubs imposent des conditions strictes.

En pratique, la plupart des établissements demandent :

  • Le permis B (permis auto), par mesure de responsabilité civile.
  • Un âge minimum de 16 ou 18 ans selon le club.
  • Parfois, un briefing de sécurité ou la signature d’une décharge.

Résultat : même si la loi n’interdit pas formellement à un mineur de conduire sur un terrain privé, le club peut — et va — lui refuser l’accès à la voiturette. Et en cas d’accident, l’assureur aura le dernier mot.

Sur un terrain privé fermé : pas de permis, mais gare à l’assurance

C’est le cas qui surprend toujours. Sur un terrain strictement clos — ferme, grand jardin, domaine privé, camping — aucun permis n’est légalement requis pour conduire un véhicule motorisé. Un ado de 14 ans peut techniquement prendre le volant d’une voiturette électrique dans une propriété fermée sans enfreindre la loi.

Ce cas de figure se multiplie dans le secteur de l’hôtellerie de plein air, où les golfettes électriques deviennent le moyen de déplacement privilégié dans les grands campings et domaines de vacances. Avant de vous lancer — que vous soyez vacancier ou gestionnaire — consultez les indispensables à connaître avant de louer une voiturette. Et si vous envisagez un achat, ce comparatif de 3 modèles sélectionnés pour les campings et ce guide pour bien choisir sa voiturette vous feront gagner du temps. Pensez aussi à l’entretien régulier — batteries, freins, pneus — pour éviter pannes et accidents.

🔴 Le piège que tout le monde sous-estime :

« Pas de permis obligatoire » ne signifie pas « pas d’assurance obligatoire ». Même au fond de votre jardin, tout véhicule terrestre à moteur doit être couvert par une assurance Responsabilité Civile. C’est la loi, point. Sans assurance, un accident corporel — même mineur — peut vous ruiner financièrement. Le Fonds de Garantie indemnisera la victime, puis se retournera contre vous pour récupérer l’intégralité des sommes versées. On parle de montants qui peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros pour une blessure grave.

Ce que vous risquez concrètement

Mettons les chiffres sur la table, parce que c’est souvent ce qui fait prendre conscience de la gravité :

Infraction Sanction encourue Lieu concerné
Conduire sans le bon permis Jusqu’à 15 000 € d’amende + 1 an de prison + fourrière Voie publique uniquement
Défaut d’assurance 500 € à 3 750 € + remboursement intégral des dommages Partout (y compris terrain privé)
Défaut de carte grise Amende de 135 € (4ᵉ classe) Voie publique uniquement

🟠 Conseil concret : une assurance Responsabilité Civile pour voiturette électrique coûte souvent entre 50 et 150 € par an. Rapporté au risque financier d’un accident corporel non couvert, c’est un investissement dérisoire. Assurez-vous avant de tourner la clé — que ce soit sur route, au golf ou dans votre jardin.

🟢 Ce qu’il faut retenir :

Sur route : permis AM dès 14 ans pour un quadricycle léger L6e — permis B1 ou B dès 16 ans pour un quadricycle lourd L7e. Véhicule obligatoirement immatriculé et assuré.
Sur terrain privé : pas de permis exigé par la loi, mais le golf ou le propriétaire fixe ses propres règles. Ne comptez pas y échapper.
Partout, sans aucune exception : l’assurance Responsabilité Civile est obligatoire. Même au fond du jardin. Même pour cinq minutes.

Type de voiturette
Vitesse max
Permis requis
À partir de
Modèle 25 km/h non homologué
25 km/h
Aucun (privé uniquement)
14 ans
Modèle 25 km/h homologué
25 km/h
BSR / Permis AM
14 ans
Modèle 45 km/h homologué
45 km/h
Permis AM ou B
14 ans / 18+
Quadricycle lourd (au-delà de 45 km/h)
> 45 km/h
Permis B1 ou B
16/18 ans

Pourquoi opter pour une voiturette de golf ?

Écologique : zéro émission de CO₂ en usage
Silencieuse : idéale pour les zones sensibles (campings, hôpitaux, etc.)
Économique : faible coût d’entretien et recharge électrique
Accessible : conduite possible dès 14 ans avec le BSR
Pratique : utile pour le transport de personnes ou de matériel

Conclusion

La voiturette de golf est bien plus qu’un simple véhicule de loisirs. Elle s’impose comme une solution de mobilité douce et accessible, aussi bien pour les jeunes sans permis que pour les professionnels à la recherche d’un moyen de transport pratique. Que vous soyez un particulier, une entreprise ou une collectivité, il existe un modèle adapté à vos besoins. Et oui : vous pouvez conduire une voiturette de golf même sans permis B, sous certaines conditions !